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Teueikan (tambour sacré)

TEUEIKAN 1

Le teueikan, un tambour sacré, est un outil utile et très respecté chez les Innus. Auparavant, celui-ci était d’abord et avant tout un moyen de survie, car il permet de retrouver la trace des troupeaux de caribous lors de la chasse. En effet, ce dernier est perçu avec le plus grand respect. Selon la tradition, il faut rêver au teueikan trois fois avant de pouvoir l’utiliser. De plus, le teueikan peut être dangereux, il ne faut pas laisser un enfant jouer avec et il ne faut pas lui manquer de respect. Lorsque le propriétaire du tambour décède, le tambour est légué au plus vieux de la famille, à celui qui a rêvé du tambour.

Utilisation

Le teueikan est d’ailleurs un outil avec lequel il est possible de communiquer avec les esprits et est en lien avec le monde des rêves. Une autre utilisation de ce tambour est lors des cérémonies, des rassemblements, soit au moyen de la danse (makusham) ou du chant mais c’est aussi une façon de remercier l’animal qui s’est offert lors de la chasse.

Fabrication et matériaux

La structure est fabriquée en bois et la peau du teueikan provient du caribou. On utilise la peau d’un jeune mâle ayant une peau plus mince afin d’obtenir le son idéal pour le chasseur. Pour ce qui est du bâton pour raisonner le tambour, il est fait de cornes de caribous. Pour fabriquer un tambour, il est préférable d’utiliser du bouleau cueilli en hiver car le bois est plus facile à fendre. Quand on taille les pièces, il faut s’assurer que toutes ces pièces sont d’égale épaisseur avant de les recourber. Tout d’abord, il faut réunir la partie centrale et les anneaux. On peut alors modifier la tension en se servant des cordes autour du cerceau puisque ce sont celles-ci qui donnent la bonne tension à la peau. Pour la résonance du tambour, il y a de petits os sur une corde en plein milieu du tambour. Ces petits os sont des os de fœtus de caribous. Il y a huit os dans le fœtus qu’on peut utiliser pour le tambour. Finalement, afin d’étendre la peau qui sert de toile, il y a plusieurs étapes à suivre. Tout d’abord, il faut ramollir la peau par la chaleur en la mettant près d’un feu. Ensuite, il faut la faire chauffer trois fois de chaque bord pour ainsi la mettre à l’eau et la faire bouillir en y ajoutant un peu de gras. Par après, on la fait sécher toute la journée en s’assurant de bien l’étirer pour finalement la replonger dans l’eau et l’installer sur le cerceau du tambour.

Confection

Lors de la confection du teueikan, lorsqu’on arrondie le cerceau qui est la base du teueikan, on peut se reprendre jusqu’à trois fois si on casse une pièce. Mais pas plus. Il est mieux d’abandonner la fabrication de ce tambour puisqu’il y a une sorte de signe qui avertit celui qui le fabrique. En effet, si la personne continue la confection et qu’une pièce se casse une quatrième fois, la personne risque de mourir au printemps suivant puisqu’elle ne se conforme pas au rite de la fabrication du teueikan. C’est un objet sacré et ses éléments sont très puissants c’est pourquoi que le teueikan peut être dangereux. Le rouge sur le contour et les cordes du tambour est très significatif car c’est une couleur qui est propre au chasseur et qui permet à son allié du monde du rêve de le reconnaître et de faire fuir les mauvais esprits.

Signification

Par ailleurs, une personne ne peut pas utiliser un teueikan si elle n’a pas tué d’animaux à la chasse. Elle doit avoir tué plusieurs animaux tels que le caribou, le castor, le porc-épic, etc. Rappelons que chez les Innus, la chasse est toujours dans le but de subvenir aux besoins de la famille. Le chant aide beaucoup à la chasse car avec le tambour on peut localiser les caribous. Le chant est un moyen d’entrer en communication avec le monde invisible, d’adresser un message aux maîtres spirituels du monde animal. Ce monde a la particularité de faire voyager l’esprit à travers les différents mondes de l’univers. C’est par le tambour et le rêve qu’on peut atteindre le monde des animaux, dont papakassikᵘ, le maître du caribou. C’est à ce maître que l’on s’adresse lorsqu’il s’agit de la chasse. Par ailleurs, il y a un allié dans le tambour, une sorte de voix qui aide le chanteur-chasseur où trouver le caribou. Lorsqu’il y a une vision et que le caribou apparaît dans le cercle du tambour, celui qui l’utilise voit tout l’environnement, tous les détails de l’endroit où se situent les caribous. D’ailleurs, lorsqu’il les localise, les caribous restent à cet endroit assez longtemps pour que les chasseurs puissent les retrouver. Dans chaque tambour il y a un trou que l’on peut considérer comme un œil. En effet, c’est par ce trou que les joueurs de tambour reçoivent les paroles et les visions lorsqu’ils chantent. C’est dans ce trou que rentre l’esprit du caribou. Ce trou se nomme l’œil de Papanassi et il symbolise le passage de l’hiver à l’été selon la légende : «Les oiseaux d’été». Cette légende dit qu’un petit hibou des marais, Papanassi, s’est fait brûler le bec en espionnant ceux qui détenait l’été par un petit trou de leur tente. En effet, ce dernier planta son bec noir dans un trou de la paroi afin de les espionner. Lorsque les détenteurs de l’été inspectèrent les murs avec une torche, ils brûlèrent ce qu’ils croyaient être une branche. C’est ainsi que le bec du hibou des marais fut recourbé et blanchi à cause de la chaleur du feu. Le matin suivant, Pécan et Caribou s’emparèrent du sac contenant les oiseaux d’été et devancèrent donc leurs poursuivants. C’est alors que ces derniers les interpellèrent : «l’hiver et l’été devraient aller et venir...», «D’accord» répondirent les animaux en libérant les oiseaux d’été. À ce moment, la neige se mit à fondre et les oiseaux se répandirent partout dans la forêt.

Texte: Ève Martin-Riverin

 

Culture

RAQUETTE 1Autrefois, notre peuple était nomade. Nous devions donc fabriquer des objets simples et utiles à notre survie en forêt, comme des raquettes, des mocassins, etc.

Le mocassin est parfaitement adapté à la marche en raquette. Il est souvent fabriqué avec le cuir de la jambe de l'orignal, avec le talon situé à la hauteur du genou de l'animal tué.

Le canot, le toboggan et les raquettes ont souvent été décrits comme des merveilles techniques parfaitement adaptées aux ressources et aux conditions particulières des forêts du Nord. Ces éléments, en particulier le canot, ont toutefois subi de profondes transformations depuis le canot d'écorce d'origine qui suscitait l'admiration des premiers visiteurs européens jusqu'aux bateaux de métal d'aujourd'hui avec leur moteur hors-bord. Ces innovations sont toutefois récentes dans l'histoire innue.

Aujourd'hui, cette passion pour la fabrication d'outils de travail et de vie, à la fois utiles et jolis, s'est déplacée en culture artistique de tout genre. Les Innus de Pessamit sont un peuple très artiste.

Chanson

Notre milieu est fécond en groupes de musiciens. Mentionnons les groupes Aishkat, Petapan, des chanteurs comme Laurent McKenzie, Nimuk Canapé, Jean-Marc et Simon Picard. Ceux-ci ont d'ailleurs enregistré des albums et ont donné plusieurs spectacles sur les différentes scènes tant régionales que nationales.

Peinture

Joueurs - Par Jean-Luc HervieuxJean-Luc Hervieux, un artiste-peintre de notre milieu, a participé à plusieurs expositions et plusieurs de ses pièces ont été acquises par des amateurs d'art. Dans ses peintures, nous pouvons reconnaître des scènes de la vie montagnaise.

 

 

 

 

Vie d'autrefois

La création de la réserve de Betsiamites, de 1851 à 1861, n'affecte que peu les Innus car, pour de nombreuses années encore, la plupart des familles passent la majeure partie de leur existence en forêt. C'est dans la nature qu'ils puisent leurs ressources et leur inspiration. Et si quelques nouveautés techniques s'installent, tels les canots de toile ou les poêles de tôles, les Innus demeurent fidèles à la Tradition, cet ensemble de croyances, de connaissances, de comportements et de techniques qui leur ont permis de survivre pendant des millénaires dans un milieu difficile et généreux.

Les Montagnais chassaient principalement le caribou ainsi que le castor et l'ours qui sont utiles autant pour leur chair que pour leur fourrure. Enfin, le petit gibier complète la diète, le lièvre et la perdrix dont les cycles d'abondance ou de rareté conditionnent ceux de leurs prédateurs comme le renard et le loup. Les méthodes abondent pour ces petites chasses : collets fixes, à ressort, pièges à bascule, en métal, etc., la chasse est pratiquée autant par les hommes que par les femmes autour du campement.

Quelques extraits des textes sont tirés du livre: Pessamiulnuat utipatshimunnuau mak utilnu-aitunuau Histoire et culture – Innues de Betsiamites par Pierre Frénette et Dorothée Picard.